Une question importante qui se pose en ce qui concerne l’impact des nouvelles technologies numériques sur l’efficacité des politiques industrielles est celle de savoir si ces politiques peuvent être adaptées au monde numérique de la même façon que la numérisation doit être intégrée dans toutes les politiques, ou si la nature et l’ambition des politiques industrielles doivent changer. Pour certains observateurs, les grands enjeux sociétaux exigent des politiques publiques et des investissements stratégiques à long terme axés sur la création de marchés. Une transition plus ambitieuse vers des politiques industrielles orientées pourrait se justifier en ce qui concerne les nouvelles technologies numériques, si l’on considère la nécessité d’utiliser ces technologies à des fins de transformation et notamment d’innovations créatrices de produits et de marchés nouveaux afin de compenser la destruction d’emplois susceptible d’être causée par les procédés innovants issus de ces technologies. Une transition aussi ambitieuse que celle-ci suppose, par exemple, des changements institutionnels, y compris en ce qui concerne la nature des partenariats public-privé, qui permettent aux organismes publics d’avoir davantage part aux retombées du succès commercial des politiques, notamment pour couvrir les pertes éventuelles liées à la recherche et à l’expérimentation en matière d’élaboration des politiques. Elle suppose également l’utilisation de systèmes de mesure plus dynamiques pour évaluer les politiques et déterminer à quel point l’investissement public s’est ouvert et a transformé le paysage technologique et sectoriel.